La lumière du portail s’évanouit doucement, laissant la clairière baigner dans un calme étrange. Clinker fut le premier à se redresser, observant son environnement avec une curiosité prudente. Les blocs, les arbres immobiles et les structures dispersées étaient pour lui autant d’énigmes, et la seule réaction logique qui lui vint fut de tenter d’assembler un premier abri, bien trop petit, mais assez rassurant pour lui permettre de reprendre ses repères.

Quelques instants plus tard, Franky surgit en boitant, encore sonné par son arrivée et gêné par une morsure dont il minimisait l’importance. Son enthousiasme débordant contrastait avec l’atmosphère encore pesante du lieu, et il se mit immédiatement à couper du bois pour aider, malgré la douleur visible dans sa démarche.

Un grognement agacé annonça ensuite l’arrivée de Pryakhislav Khrystyanovskov, qui répétait son nom, exaspéré de le voir écorché à chaque tentative. Raide et sur la défensive, il observait chaque bruissement comme s’il s’attendait à être attaqué d’un instant à l’autre. Son approche méfiante contrastait avec la spontanéité de Franky et la concentration silencieuse de Clinker.

Michel fut le dernier à apparaître, encore sous le choc de sa chute initiale qui lui avait valu un pied cassé. Malgré la douleur, il scrutait déjà les alentours avec fascination, intrigué par chaque détail — notamment un bloc bleu qu’il décrivait comme « sûrement magique », convaincu qu’il contenait une énergie particulière.


La nuit approchait rapidement, et l’abri improvisé de Clinker devint soudain vital. Franky revenait les bras chargés de bois, Pryakhislav faisait des rondes autour de la zone, et Michel observait tout avec une curiosité aussi sincère que maladroite. Lorsque les premières créatures émergèrent de l’obscurité — squelettes, monstres explosifs — la panique s’installa. Clinker fut même projeté à travers le mur de leur maison lorsqu’un Creeper détona à ses pieds. Cette première nuit fut un test brutal, rappelant à chacun que ce monde n’était pas aussi paisible qu’il en avait l’air.


Le bâtiment qui rejette

Au matin, Michel repéra au loin la silhouette d’un grand bâtiment dressé sur la colline. Fasciné, il en parla immédiatement à Franky, l’entraînant presque malgré lui : selon lui, ils devaient absolument aller voir ça. Franky, encore affaibli par sa blessure mais incapable de résister à l’enthousiasme de son compagnon, le suivit sans trop réfléchir.
Les deux hommes s’aventurèrent alors sur le sentier, Michel avançant d’un pas décidé malgré son pied douloureux, Franky peinant à garder le rythme. Tous deux discutaient, supposaient, imaginaient ce que pouvait cacher une construction si imposante.

Pendant ce temps, dans la clairière, Clinker remarqua leur absence. S’inquiétant de leur montée, il déclara qu’il devait « aller les rejoindre » car « ils vont finir par mourir là-haut ». Abandonnant sa construction, il grimpa en vitesse la colline, de plus en plus certain qu’ils s’étaient mis en danger sans comprendre ce qui les attendait.

Quand il les atteignit, il fut trop tard : Michel et Franky avaient déjà pénétré dans le bâtiment. La scène lui glaça le sang. Sans la moindre mise en garde, une force invisible se manifesta, brutale, implacable — et le monde sembla se contracter autour des deux imprudents.
Un souffle violent. Un flash froid.
Et en un instant, ils furent pulvérisés.

Quelques secondes plus tard, leurs silhouettes réapparurent près de la clairière : réincarnées, désorientées, à moitié paniquées. Clinker, essoufflé, les rejoignit dans un mélange de soulagement et de réprimande. Il leur expliqua qu’ils venaient de déclencher la magie d’un lieu maudit, protégé, qu’on ne devait pas franchir sans comprendre les lois de ce monde.

Michel, encore secoué, comprit qu’il avait été aveuglé par sa curiosité.
Franky, tremblant, jurait qu’il n’y remettrait plus jamais les pieds.

Et tous réalisèrent que Lynkadia n’était pas seulement mystérieuse :
elle punissait ceux qui franchissaient ses interdits.


La grotte et la boîte qui tourne

Plus tard dans la journée, Michel proposa d’explorer une grotte repérée plus tôt, mais ce fut finalement Pryakhislav qui mena la marche. Plus attentif que les autres, il s’immobilisa dès l’entrée, affirmant qu’il « entendait des araignées » dans les profondeurs — bien avant que Michel ne perçoive quoi que ce soit. Sa méfiance, presque instinctive, guida leurs pas.

Il avait raison : une araignée surgit soudain, suivie presque immédiatement par une seconde, projetant les deux hommes dans un combat chaotique. Malgré la confusion, ils réussirent à la neutraliser et s’enfoncèrent plus loin dans les tunnels.

C’est là qu’ils tombèrent sur un bloc protégé par une force invisible, semblable à celle du bâtiment maudit. À côté, posé comme un mécanisme abandonné, une petite boîte tournée sur elle-même, animée d’un mouvement continu et inexplicable.
Ils tentèrent de l’examiner, mais l’objet restait hors d’atteinte, fixé dans la pierre ou maintenu par une énergie qu’ils ne comprenaient pas.

Incapables de la déplacer, ils durent l’abandonner sur place, se contentant de mémoriser l’emplacement et l’étrange sensation que l’objet dégageait. Ce n’était pas un simple décor de grotte : c’était un indice. Un avertissement, peut-être. Mais pas encore un secret qu’ils pouvaient emporter.


Retour au camp

Éreintés, affamés et blessés, les voyageurs finirent par aménager leurs premiers lits, espérant enfin une nuit calme. Assis autour du feu, silencieux, ils observaient la clairière comme si elle respirait avec eux, attentive et mystérieuse.

Une clairière devenue refuge.
Un bâtiment qui refuse l’accès.
Une grotte pleine de dangers et de secrets.

Lynkadia n’était pas un simple décor : c’était un monde vivant, exigeant, qui semblait choisir ce qu’il révélait… et à qui.
Ils n’étaient pas encore un groupe véritable, mais déjà, les premières épreuves les avaient liés.

Et sans qu’ils ne s’en rendent compte, leur histoire venait tout juste de commencer.