Le souffle bleu du portail
Au petit matin, Franky fit une découverte inattendue : en approchant du faisceau lumineux du point de réincarnation, ses blessures disparurent d’un seul coup. Clinker reconnut aussitôt cette énergie : la lueur, la matière, la couleur… tout correspondait aux minerais bleus qu’il avait trouvés dans les profondeurs.
Pris lave confirma en observant le phénomène : ce portail ne servait pas qu’à revenir à la vie. Il soignait, protégeait, et semblait concentrer une force encore inconnue. C’était plus qu’un simple repère : c’était une source.
La grotte que personne n’attendait
En fouillant les environs, Clinker avait mis la main sur quelque chose de bien plus inquiétant : une immense construction de pierre noire, éclairée par des flammes bleues. Une cité enfouie sous la terre.
Il avait voulu creuser pour trouver du fer… et avait fini par percer un passage vers ce qui ressemblait à une ville ancienne, figée sous la roche. Il n’y était retourné qu’à moitié rassuré, mais convaincu qu’ils devaient l’explorer ensemble.
Après avoir forgé des armures et préparé des torches, ils décidèrent de s’y rendre à trois.
La descente
Le tunnel creusé par Clinker les mena dans un silence lourd. Pour ne pas attirer d’ennuis, ils progressèrent lentement, utilisant de la laine pour étouffer leurs pas. De là-haut, ils apercevaient déjà les flammes bleues et les bâtiments effondrés de l’ancienne cité.
Plus ils avançaient, plus l’endroit semblait dangereux : blocs réactifs au son, coffres piégés, couloirs suspendus. Franky fit plusieurs maladresses qui provoquèrent des alertes, et chacun resserra sa prise sur son équipement.
L’obscurité semblait vivante. Et elle écoutait.
L’ombre qui écoute
Le premier cri fut bref. Puis vinrent des battements, lourds, inquiétants.
Le monstre apparut : une créature aveugle, massive, capable de traquer au moindre bruit. Chaque vibration la guidait.
Ils tentèrent de se faire discrets, mais l’un d’eux toucha un bloc sonore. Le monstre bondit.
Pryakhislav et Franky furent frappés de plein fouet et moururent instantanément. Réincarnés au portail, ils essayèrent chacun de revenir par leurs propres chemins, mais le passage restait semé de dangers.
Clinker, lui, parvint à se cacher et à fuir. Dans la panique, il récupéra quelques trésors dans les coffres, puis s’échappa par les galeries jusqu’à retrouver enfin l’air libre.
Un retour qui fait mal
Lorsqu’il ressortit à la surface, ses vêtements encore maculés de poussière, ses poches remplies de trésors, il croisa Pryakhislav et Franky près du portail.
Ils se tenaient debout, encore sonnés, encore meurtris malgré la régénération du faisceau.
Vivants, mais profondément heurtés.
Le regard de Pryakhislav, lui, brûlait d’une flamme différente.
Une flamme de déception.
Il s’approcha lentement, presque calmement.
Ses mots, eux, n’avaient rien de calme.
— « Quand le monstre nous a frappés… tu n’as pas tendu la main. »
Clinker resta muet.
— « Tu as fui. Tu as laissé ton ami. Tu m’as laissé moi. »
Franky baissa les yeux.
Ce soir-là, la clairière sembla plus froide.
Le portail brillait toujours, protecteur, apaisant… mais aucune lumière ne parvenait à effacer la tension qui s’était installée.
Ils ne prononcèrent rien de plus. Aucun reproche supplémentaire, aucune explication.
Juste un silence pesant, chargé de ce qui n’avait pas été dit.Un silence qui ne parlait pas de colère,
mais d’une déception qu’ils auraient du mal à effacer.

